Partager l'article ! Testings sur la Côte d'Azur: SOS Racisme épingle deux campings de la Côte Publié le mercredi 28 juillet 2010 par Nice Matin ...
Hasard de calendrier ? C’est au lendemain de la visite sur la Côte du ministre de l’Immigration, Éric Besson, également en charge de l’intégration et de
la lutte contre les discriminations, que SOS racisme a évalué, à sa façon, l’accueil réservé par les campings et les night-clubs azuréens à certains vacanciers.
Pour cela trois « testeurs », l’un d’origine maghrébine, l’autre noir et le dernier de type européen, se sont présentés le week-end dernier aux portes
d’une quinzaine d’établissements.
Le matin, les testeurs voulaient planter la tente. Le soir, ils ont tenté de fouler les dance-floors à la mode. Pas toujours facile. Selon Mamadou
Thioye, le responsable départemental de SOS Racisme, deux des campings ainsi « testés » ont été pris en flagrant délit de faciès.
« À Antibes et à Cagnes-sur-Mer, nos testeurs se sont vus refuser un emplacement. Lorsque nous avons demandé pourquoi aux gérants, l’un d’eux nous a
expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une question d’origine mais juste à cause de leur jeune âge. Le problème c’est que lorsqu’un autre de nos testeurs, tout aussi jeune mais typé européen
celui-là, s’est présenté, il a été accepté. »
Inégalité de traitement
Discrimination ? Il en aurait également été question lorsqu’il s’est agi de pénétrer dans les dance-floors de la Côte. Trois boîtes de nuit du secteur
antibois ont laissé à la porte les testeurs un peu « trop » typés.
Pour SOS Racisme, c’est « une nouvelle fois la preuve que les touristes azuréens ne sont pas logés à la même enseigne ».
Une inégalité de traitement que l’antenne azuréenne de cette association démontre chaque été au travers de ce type d’opération.
Au-delà de la démonstration médiatique que la discrimination existe bel et bien, SOS Racisme porte généralement plainte contre ce type de
comportements.
« Cette fois encore, nos conseils étudient la possibilité d’une action en justice », confie Mamadou Thioye.
Et le procureur ne sera pas le seul avisé. Les maires des communes concernées ainsi que le préfet seront également informés de ces pratiques
discriminatoires sur leur territoire.
à lire aussi sur le site de l'Express : link
Par AFP, publié le 26/07/2010
Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, s'exprime le 12 juin 2009 à Paris
AFP/Archives/Patrick Kovarik
Au Camping du pylône à Antibes-Juan-les-Pins comme au Green Park de Cagnes-sur-Mer, un couple d'hommes blancs a pu obtenir une réservation après qu'un couple d'hommes maghrébins se fut entendu dire que le camping était complet, a expliqué à l'AFP Hermann Ebongue, vice-président de l'association.
Un homme noir, passé après les deux blancs, a obtenu les mêmes réponses que les Maghrébins.
SOS Racisme a effectué son opération dans "une dizaine" de campings, ciblant particulièrement les "4 étoiles" et ceux qui, par téléphone, demandaient aux clients de réserver sur place.
Président du groupe Homair Vacances, qui possède 110 campings en Europe dont le Green Park, Daniel Guez s'est dit "très étonné", car "la discrimination ne fait pas partie du groupe". "Si les faits sont avérés, nous assumons les conséquences et nous désapprouvons complètement ce comportement", a-t-il déclaré.
Trois discothèques de la Côte d'Azur, sur dix testées, se sont par ailleurs "rendues coupables d'un acte discriminatoire", selon le communiqué: l'Annexe et le Carré, à Saint-Laurent-du-Var, et La Siesta à Antibes.
SOS Racisme affirme qu'elle déposera dans la semaine des plaintes auprès du procureur de la République de Grasse. L'association demande aussi que les maires et les préfets des territoires concernés prennent leurs "responsabilités" et exercent vis à vis des discothèques et campings leur pouvoir de sanction "en ordonnant leur fermeture administrative".
"Dans un contexte nauséabond de libération de la parole raciste et de tentative de suppression de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, ndlr), il nous apparaît impératif d'user de tous les outils mis en place par le législateur afin de renverser la tendance et de sanctionner les coupables", écrit l'association.
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